David Venitucci,
accordéoniste

Portrait de David Venitucci

L’avenir… David y a longuement songé…

Depuis les bancs de la fameuse école d’André Thépaz de Chambéry jusqu’à ceux du Conservatoire de Grenoble (sa ville de naissance) dans les années 90, c’est vers les nouveaux territoires de l’accordéon, ceux de l’improvisation, ceux du jazz, que David tourne ses regards. Qui dit avenir, dit continuité, mais aussi et surtout ouverture, découvertes, développement ; car le vœux de David est là : repousser les limites de l’instrument, en raviver les couleurs, en souligner le relief, en perfectionner la forme… le jeune virtuose s’offre alors un prototype sur mesure, un accordéon à déclencheur, un mélange de modèle utilisé en musique classique, « avec une main gauche basses chromatiques ».

David délaisse alors les basses composées… il faut repenser entièrement le système de jeu, celà va demander un travail considérable, une volonté indéfectible, et beaucoup de patience… mais la persévérance sera récompensée… Une nouvelle voie s’ouvre : grâce au déclencheur qui permet de changer la configuration du clavier, on se retrouve avec un clavier identique avec celui de la main droite. Grâce à cette symétrie, le champ (chant !) des possibles devient immense, notamment au niveau de l’harmonie et de l‘écriture, avec la possibilité de faire du contrepoint, de faire ressortir des voix à la main gauche… Le jeu de David en ressort transfiguré !

David explore, jusqu’à ces dernières années, de multiples rivages, où il s’attardera au gré des rencontres : ceux de la chanson (Romain Didier, Francis Lemarque, Josette Kalifa), du cirque (Annie Fratellini), du théâtre (Alfredo Arias)… et aborde avec délices les territoires du jazz contemporain (David Linx, Denis Leloup, Daniel Goyone, Serge Adam, Minino Garay, Sylvain Beuf, Jean-Christophe Cholet, Christophe Wallemme, Stéphane Guillaume, Nelson Veras, Stéphane Huchard, etc.) et rencontre le contrebassiste Hubert Dupont de la « Nébuleuse Hask »… aux côtés duquel il forme un quartet avec Antoine Banville et Gueorgui Kornazov. Il se reconnaîtra naturellement rattaché au domaine des musiques improvisées européennes ; Europe qu’il sillonnera de part en part.
Notre infatigable découvreur décide dès 2002, de fixer le fruit de ses recherches musicales, et prépare son premier album qui présentera à la fois ses compositions. Cet album trouve rapidement un producteur enthousiaste, Alain Raemackers, aussi David enregistre au studio La Buissonne en novembre 2002. L’album « Cascade » est né : il sortira en septembre 2003 sous le label « Le Chant du Monde » (distribué par Harmonia Mundi).

Les critiques ne se font pas attendre ! avant même la sortie officielle de l’album, Claude Oberg de Jazz Magazine (octobre 2003) signe un article particulièrement élogieux : « L’écoute de ces dix interprétations témoigne du brillant succès de l’entreprise. Accordéoniste virtuose, David Venitucci pratique une approche quasi-orchestrale de son instrument, avec une maîtrise parfaite du son et des nuances. Une enthousiasmante réussite qui rend justice au talent d’un musicien hors du commun ». Alain Tomas du magazine Jazzman (octobre 2003, où il obtient 4 étoiles) écrit : « David Vennitucci exploite ici, en choisissant la périlleuse formule du solo, toute la richesse et la poésie de l’instrument… un goût évident pour l’improvisation lui permet de suggérer différents climats et sentiments au travers des compositions originales qui privilégient les belles mélodies… Un très beau disque ».